Le système de tenségrité Myo fascio Articulaire Et le système immunitaire Par Jean-Pierre Dessaint D.O et Jean Peyrière D.O.

Le concept de Système de tenségrité Myo-Fascio-Articulaire élargit considérablement la vision orthopédique que la médecine classique a du système musculosquelettique ; en effet, la complexité des fascias, qui constituent  sa structure essentielle et l’intimité que ces tissus présentent avec tous les systèmes du corps, (en particulier digestif, cardio respiratoire, neuro-hormonal, immunitaire), le placent au cœur des contraintes physiques qui s’exercent sur l’organisme.

La structuration de ce système sous la forme de chaînes verticales, horizontales et obliques permet la répartition harmonieuse des contraintes gravitaires dans une fonction « tenségritaire » et organise la transmission des tractions et des pressions nécessaires à l’homéostasie.

Ainsi par exemple, la chaîne verticale profonde est directement en liaison avec des structures majeures du système immunitaire telles que l’anneau de Waldeïer (cellules du système immunitaire tapissant la muqueuse du rhino-pharynx) dans la gaine viscérale du cou, le Thymus, les cellules de Peyer de l’intestin grêle et la rate.

Dans ce contexte, l’équilibration des tensions se répercutant sur la gaine viscérale du cou optimise dans le même temps la fonction des ganglions cervicaux de la chaîne orthosympathique ; cette action se répercute de façon positive sur les phénomènes de facilitation neuro-végétative décrits par I. Korr. De plus, elle favorise les échanges cellulaires au sein de cette structure du rhino-pharynx à vocation immunitaire.

Par ailleurs, l’importance du microbiote a été démontrée récemment dans le contexte de la grippe (centre d’infection et d’immunité de Lille) du fait de l’utilité des acides gras à courte chaîne (comme l’acétate) envers les macrophages des poumons dans leur combat face au streptococcus.

L’équilibre des tensions et des pressions se répercutant au niveau de l’intestin grêle est primordial pour assurer les échanges circulatoires nécessaires à cet organe dans l’efficacité de cette fonction.

Une autre étude récente (Centre d’immunologie de Marseille –Luminy – Inserm, CNRS, Aix Marseille Université) démontre l’impact du stress sur le système immunitaire ; l’adrénaline et la noradrénaline qui provoquent les réactions de défense se lient à des récepteurs cellulaires, (dont le récepteur Béta 2 qui est très présent sur les cellules immunitaires); dans le contexte d’un stress chronique, ces hormones entraînent une inhibition de leur activité.

L’action qu’entraîne l’équilibration du Système de tenségrité Myo fascio articulaire est loin d’être négligeable dans une stratégie thérapeutique pluridisciplinaire du stress chronique.

Enfin, l’équilibration des tensions et des pressions sur les diaphragmes et le caisson thoracique est nécessaire à une mécanique ventilatoire efficace au niveau pulmonaire. Les échanges au niveau des alvéoles et notamment la production du surfactant nécessaire à leur tension de surface, représentent un facteur physique essentiel qui justifie le rôle de l’ostéopathie dans ce contexte (« de l’intérêt du traitement ostéopathique précoce dans les affections broncho-pulmonaires » – J.P. Dessaint D.O. et A.Lignon D.O. 1986).

En cette période très particulière de pandémie, ces quelques exemples nous rappellent l’importance du rôle que peut jouer l’ostéopathie dans toutes les fonctions de l’organisme, jusque dans sa plus profonde intimité, tel qu’Andrew Taylor Still l’a compris et que ses disciples dont nous sommes, ont démontré dans leur pratique clinique.

Rappelons-nous l’efficacité dont cette pratique a fait preuve lors de l’épidémie de « grippe espagnole » au siècle dernier et faisons notre maximum pour démontrer au monde médical l’efficacité de l’ostéopathie aux antipodes d’une simple pratique de kinésithérapie améliorée.

Jean-Pierre DESSAINT D.O et Jean-PEYRIERE D.O.